Dans ma chronique du 29 octobre 2026, j’analyse au travers des documents déclassifiés de la Stasi la guerre psychologique exercée sur les citoyens, allant parfois jusqu’à l’assassinat, à laquelle se livraient les Etats « démocratiques » dans les années 1970-1980. Ces pratiques perdurent dans certains réseaux francs-maçons, comme la loge Athanor à Paris, en France. Le but avoué de la persécution psychologique d’Etat est de faire taire préventivement les voix qui dérangent, celle des citoyens qui critiquent le système et demandent la paix. Nous verrons l’exemple de la directive 1/76 de la Stasi (Ministère de la sécurité d’Etat de l’Allemagne de l’Est des années 1950-1989), qui décrivent des méthodes de déstabilisation visant à fragiliser les citoyens et les groupes militants. Cette méthode a un nom : « Zersetzung ». Elle va de la simple surveillance à l’infiltration, en passant par l’instillation de rumeurs visant à discréditer, la mise en place de conflits internes et les sanctions professionnelles. Nous décrirons aussi l’opération « Virus », menée en 1983 contre un groupe pacifiste de Pankow, Le but visé était, selon les documents retrouvés sur le site officiel des archives fédérales, d’isoler les membres, de désorganiser le groupe et d’ébranler leur confiance en eux et entre eux. L’affaire de la loge Athanor, elle, a éclaté en 2026. Il s’agit du démantèlement d’un réseau du crime organisé qui met en cause plusieurs « frères » de la loge franc-maçonne Athanor, dans des opérations allant de l’intimidation au meurtre. Marie-Hélène Dini, dirigeante d’une entreprise de coaching, a fait les frais de cette « PME du crime » en octobre 2019 puis en juillet 2020. Elle a échappé à la mort de peu. Le syndicaliste Hassan Touzani était lui aussi visé par les tueurs de la loge Athanor, et a échappé au pire grâce à la condamnation en juillet 2026 des principaux commanditaires. Mais le pilote automobile Laurent Pasquali n’a pas eu cette chance. 

LIBEREZ L’INFO #55, émission complète : https://chloeframmery.ch/liberez-linfo-n55

Sources

    LE ZERSETZUNG DE LA STASI

      AFFAIRE ATHANOR
      Entre 2012 et 2020, plusieurs personnes liées à la loge maçonnique Athanor, dans les Hauts-de-Seine, ont participé à une organisation criminelle exécutant des « contrats » : intimidations, agressions, incendies, tentatives d’assassinat et meurtre.
      Le 17 juillet 2026, la cour d’assises spécialement composée de Paris a rendu son verdict après trois mois et demi d’audience. Sur 22 accusés, 17 ont été reconnus coupables et cinq acquittés. 

        Chronologie des faits

        24 octobre 2019 — Agression physique
        Marie-Hélène Dini est agressée par deux hommes au pied de son domicile. Elle reçoit plusieurs coups, notamment à la tête, et ses sacs lui sont volés. À ce moment-là, elle pense avoir subi un vol avec violence ordinaire.

        Mai 2020 — Préparation du projet d’assassinat

        Selon les déclarations recueillies au cours de l’enquête, Sébastien Leroy indique avoir reçu une mission en mai 2020. Le jour exact n’est pas établi par les sources consultées.

        30 juin 2020 — Réunion préparatoire

        Deux participants au projet rencontrent Sébastien Leroy près de la place d’Italie, à Paris. Selon leurs déclarations, celui-ci invoque une prétendue autorisation de la DGSE.

        24 juillet 2020 — Tentative d’assassinat déjouée à Créteil

        Deux hommes armés attendent près du domicile de Marie-Hélène Dini. Un passant remarque leur comportement et alerte la police, qui les interpelle avant qu’ils puissent passer à l’acte. Les policiers découvrent notamment des couteaux, un pistolet et un marteau.

        25 juillet 2020 — Marie-Hélène Dini est informée

        Des policiers se présentent à son domicile et lui annoncent qu’elle était la cible d’une tentative d’homicide. Elle est ensuite interrogée par les enquêteurs.

        2 février 2021 — Placement en détention du commanditaire présumé

        Un homme soupçonné d’avoir commandité la tentative d’assassinat est placé en détention. L’enquête révèle progressivement les ramifications du réseau criminel Athanor.

        30 mars 2026 — Ouverture du procès Athanor à Paris

        22 accusés comparaissent devant la cour d’assises spécialement composée de Paris. Les faits visant Marie-Hélène Dini font partie des affaires examinées.

        6 mai 2026 — Témoignage de Marie-Hélène Dini

        Elle témoigne devant la cour, revient sur l’agression de 2019 et la tentative d’assassinat de 2020, et décrit leurs conséquences psychologiques, familiales et professionnelles.

        17 juillet 2026 — Verdict

        La cour rend son verdict dans l’affaire Athanor, après plus de trois mois d’audience. Dix-sept accusés sont condamnés et cinq acquittés.

        Peines prononcées en première instance

        • Daniel Beaulieu : Ancien policier du renseignement, organisateur central et recruteur d’exécutants (30 ans de prison)
        • Frédéric Vaglio : Ancien journaliste devenu entrepreneur en intelligence économique, intermédiaire chargé de trouver des contrats (25 ans)
        • Jean-Luc Bagur : Ancien membre et responsable de la loge Athanor, impliqué dans le projet d’assassinat de Marie-Hélène Dini, sa concurrente professionnelle (16 ans)
        • Sébastien Leroy (non un membre de la loge Athanor identifié) : Agent de sécurité, principal exécutant des opérations violentes, également organisateur de certaines missions (27 ans)

        Le réseau reposait sur une répartition des tâches : Frédéric Vaglio obtenait des commandes, Daniel Beaulieu organisait les opérations, Sébastien Leroy recrutait ou dirigeait des exécutants, et Jean-Luc Bagur était impliqué comme commanditaire dans l’affaire Dini.